Marchés publics : quand les offres sont éliminées… avant même d’être analysées

Carlina Garcia2026-01-15

De nombreuses offres sont éliminées dès l’ouverture pour des erreurs évitables : prix manquants, DQE incomplet, non-respect du DCE. Lire les documents est essentiel.

En ce moment, j’ouvre beaucoup de plis pour un client.

Et je dois le dire franchement : je suis à la fois étonnée, effarée et lassée de constater que de nombreux candidats ne lisent toujours pas les documents de la consultation.

Pas en diagonale.

Pas “à peu près”.

Pas du tout.


Ce que je constate concrètement, dès l’ouverture des offres

Très régulièrement :

  • des prix qui ne respectent pas le cadre demandé ;
  • des éléments indispensables à l’analyse absents (DQE incomplet, inexistant ou mal rempli) ;
  • des prix disséminés un peu partout, ni dans le DQE, ni dans l’acte d’engagement, ni dans un document clairement identifié ;
  • parfois, plus simplement encore : des prix manquants.

Et je rappelle une règle essentielle :

👉 un prix manquant ou mal présenté n’est, dans la majorité des cas, pas régularisable.

Ce n’est pas une question de bonne volonté.

C’est une question de droit.


« Mais c’est dommage, on pouvait compléter… »

Non.

Justement non.

En marché public, on ne “complète” pas une offre irrégulière lorsque cela touche à des éléments substantiels et le prix en fait partie.

Résultat :

des entreprises sont éliminées avant même que leur offre de fond ne soit réellement analysée.

Oui, c’est dommage.

Mais c’est surtout évitable.


Des offres “touristes” ?

Je vais être très honnête :

certaines offres donnent l’impression que le candidat a répondu “pour voir”.

  • aucune structure,
  • aucune logique,
  • des documents envoyés en vrac,
  • des réponses inexploitables.

Je comprends parfaitement que, pour certaines entreprises, répondre à un marché public soit une première.

Et je fais preuve de tolérance quand le droit le permet.

Mais je me place aussi du côté de l’acheteur.

Et du côté de mon client.


Ce que l’on oublie trop souvent côté entreprises

Une offre irrégulière, ce n’est pas seulement :

  • une perte de temps pour l’entreprise,
  • une opportunité manquée.

C’est aussi :

  • un temps considérable perdu pour l’acheteur,
  • des heures passées à tenter de comprendre, recouper, vérifier,
  • une analyse rendue inutilement complexe.

Et soyons très clairs :

👉 plus une offre est brouillonne, plus l’analyse sera rigide.

L’acheteur ne fera pas d’effort supplémentaire pour “deviner” ce que le candidat a voulu dire.


Lire le DCE, ce n’est pas optionnel

Lire le règlement de la consultation.

Lire les exigences de prix.

Respecter les cadres fournis.

Ce n’est pas du formalisme inutile !

C’est la condition minimale pour être sérieusement considéré.

Répondre à un marché public, ce n’est pas improviser.

C’est un exercice exigeant, mais parfaitement maîtrisable, à condition de prendre le temps de faire les choses correctement.

Et c’est précisément ce qui fait la différence entre :

  • une offre éliminée dès l’ouverture,
  • et une offre réellement analysée.

Voyons à présent comment éviter de voir son offre être bêtement éliminée.


Quelques astuces pour éviter une élimination dès l’ouverture

La majorité des offres éliminées dès l’ouverture ne le sont ni pour des raisons de fond, ni par manque de compétence, mais parce que les règles formelles de la consultation n’ont pas été respectées. Ces éliminations tiennent le plus souvent à un défaut de méthode ou à une lecture insuffisante des documents contractuels.

1. Lire le DCE comme une check-list

Le règlement de la consultation doit être considéré comme un mode d’emploi. Il précise les pièces attendues, les modalités de présentation des prix et les exigences minimales de conformité.

En le transformant en check-list interne, l’entreprise sécurise sa réponse et limite les oublis avant le dépôt.

2. Respecter strictement les cadres de prix

Le prix constitue un élément substantiel de l’offre. Lorsqu’un cadre est fourni (DQE, BPU, acte d’engagement), il doit être utilisé tel quel, sans adaptation ni interprétation.

Un prix manquant, mal présenté ou positionné hors du cadre imposé est, dans la majorité des cas, non régularisable et entraîne l’élimination de l’offre.

3. Fournir l’ensemble des pièces demandées

Chaque document exigé par le DCE doit être transmis, complet et clairement identifié. Une offre peut être techniquement solide mais devenir irrégulière du seul fait d’une pièce manquante ou incomplète.

La conformité formelle conditionne l’accès à l’analyse de fond.

4. Structurer clairement le dossier

La lisibilité du dossier influence directement les conditions d’analyse. Une offre structurée, cohérente et facile à parcourir facilite le travail de l’acheteur.

À l’inverse, une offre brouillonne appelle une lecture plus rigide : l’acheteur n’a ni le rôle ni le temps d’interpréter ou de reconstituer les réponses du candidat.

5. Éviter de répondre “pour voir”

Tous les marchés ne sont pas adaptés à toutes les entreprises. Répondre sans disposer du temps, des ressources ou de la méthode nécessaires conduit souvent à des offres incomplètes ou irrégulières.

Dans certains cas, renoncer à répondre est une décision plus pertinente que de déposer une offre improvisée.


Concluons !

Être éliminé dès l’ouverture relève rarement d’un manque de compétences.

Il s’agit, dans la majorité des situations, d’un problème de méthode et de rigueur dans l’application des règles.

Cette rigueur minimale est précisément ce qui permet à une offre d’être analysée et donc comparée !


See More Posts

background

L’erreur la plus fréquente dans les réponses des entreprises (et comment la corriger)

Carlina Garcia

background

MAPA vs procédures formalisées (explication ultra-simple)

Carlina Garcia

background

Pourquoi 2025 pose un jalon dans la simplification de la commande publique

Carlina Garcia

Show more

LinkedIn

carlina@19-84.com

Mentions légales

Numéro OF - 24370496637

2025 - Tous droits réservés